J’ai dédié le portail www.madagoravox.com (*) aux documents de référence, ne publiant ici que mes « coups de gueule » … De fait l’article ci dessous n’avait pas lieu d’être ici … à la rigueur en rubrique « liens références » …
Je déroge donc à ma règle pour vous passer ici ce superbe dossier de Teyssier, Ramarojohn et Andrianirina Ratsialonana, publié dans le dernier numéro de « echogeo » , qui caractérise le sujet du foncier et, en particulier, le sujet des projets d’accaparement des terres ..
Je souhaitais là faire acte d’humilité … Pourquoi ? Simplement parce que mon TOUT PREMIER papier publié sur Tribune l’année dernière concernait le sujet Daewoo … Et parce que le dossier de ces trois chercheurs remet au pas certaines de mes idées (arrêtées ?) et analyses de l’époque …
Leçon d’humilité disais je … Il faut toujours avoir en tête qu’on ne détient pas la vérité … On ne peut que s’efforcer d’être sincère ..
Bien à vous
(*) à ne pas confondre avec le blog « coup de gueule » courant
Des terres pour l’agro-industrie internationale ? Un dilemme pour la politique foncière malgache …
André Teyssier, Landry Ramarojohn et Rivo Andrianirina Ratsialonana
Les manœuvres d’appropriation foncière à grande échelle tentées fin 2008 par les entreprises Daewoo Logistics et Varun International, largement relayées par les médias et dénoncées par diverses organisations, ont participé à la déstabilisation du gouvernement Ravalomanana. Les montages de ces deux grands projets agro-industriels ont suivi des trajectoires différentes, l’un choisissant de contrôler d’immenses superficies par bail emphytéotique, l’autre privilégiant des formes de contractualisation de la production, mais tous deux ont été abandonnés face à des mouvements de contestation basés sur l’inaliénabilité de la « terre des ancêtres ». Le rejet de ces projets d’envergure encore inédite et en partie tournés vers des cultures d’exportation est compréhensible tant les retombées économiques et sociales paraissaient incertaines. Madagascar ne saurait néanmoins se priver d’investissements dans le secteur agricole, mais des choix de développement, orientés par une meilleure connaissance des processus en cours, restent à opérer en toute transparence, afin de combiner développement de l’agro-business et promotion des exploitations familiales. Pour l’instant, ces incertitudes marquent une politique foncière qui, même rénovée, hésite […] Lire la suite



prettyzoely
14 avril 2010
Merci à toi de nous avoir fait découvrir cet article qui apporte pas mal d’éclaircissements sur cette affaire Daewoo : levier de déstabilisation, rendre opaque les projets, etc…
Ravalomanana était vraiment un visionnaire au sens propre comme au figuré, seulement, sa vision n’était pas partagée et il n’a pas su la faire partager…ceci n’est que mon opinion…
« Une opacité rendue nécessaire par la finalité des projets
De toute évidence, les promoteurs de ces deux grands projets d’appropriation foncière ont douté de leur acceptation sociale. Les contrats de Varun, par leur recherche de confidentialité et d’engagements à respecter l’entreprise, son personnel et son matériel, révèlent une crainte de conflits sociaux et espèrent contenir suffisamment de clauses pour protéger les contrats agraires de probables contestations. »
« Des projets d’emblée compromis
Les déboires de Daewoo et de Varun montrent que des projets d’une telle envergure sont irrémédiablement condamnés à l’échec. Non seulement leur faisabilité technique et financière s’avère des plus incertaines, mais la dimension juridique de leur mise en œuvre se heurte aux principes fondateurs d’une nouvelle politique foncière à tel point que l’instruction de ces projets, malgré l’ampleur des changements qu’ils introduisent, a été conduite, tant que faire se peut, dans la plus grande discrétion. »
« Faisabilité technique et concurrences sur l’espace
Il a sans doute été vendu à Daewoo et à Varun le mythe de « terres vacantes et sans maître ». Ces deux sociétés se sont rapidement trouvées confrontées à des réalités de terrain bien différentes. »
« Une faisabilité juridique contrariée par la réforme foncière
Pour la conduite de leurs projets, Daewoo et Varun ont eu pour interlocuteurs les Régions concernées, l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM)[49], le Ministère de la Réforme Foncière, des Domaines et de l’Aménagement du Territoire et ses services déconcentrés. Les démarches initiées par les deux sociétés se sont engagées dans le respect de la législation malgache, et notamment de la loi sur les investissements[50] préparée par l’EDBM. »
« Les paradoxes d’une politique foncière comme reflets de modèles de développement hésitants
L’appui de l’Etat à l’installation de Daewoo et de Varun a montré la persistance de réflexes domaniaux au sein des pouvoirs publics, comme peuvent en attester les engagements de plusieurs régions à « fournir des terrains » à ces entreprises. De telles décisions ne sont plus conformes au cadre légal en vigueur car la présomption de domanialité est supprimée depuis octobre 2005. »
« L’espoir d’un bond en avant libéral et futuriste
Les projets de Daewoo et de Varun ne sont que les parties immergées d’un modèle de développement particulièrement ambitieux. »
AdyGasy-SystemD
17 avril 2010
la recente mission HAT en Inde renforce l’option Varun: encore du rififi à venir pour les paysans malgaches!