Qui a dit « le 21 Janvier à Ivato [1] est un fait politique qui doit être pris en compte dans la poursuite de la médiation à la crise malgache » ? Ce n’est pas l’ambassadeur Jean Marc Châtaignier. C’est moi.
Qui a écrit en 2006 dans un texte sur « les ambiguïtés de la position de la France »
« En fait, même si on ne peut exclure certains liens personnels, la position française semble avoir été dictée par deux considérations : en premier lieu, le souci d’éviter que la situation de crise ne devienne irréversible, ne fasse miroir avec la crise ivoirienne ou ne produise des massacres de grande ampleur [ …] ; en second lieu, la reconnaissance du leadership des pays de la sous-région […], dans la gestion de la crise.
Cette position aurait sans doute été plus légitime si elle n’avait pas été accompagnée depuis de nombreuses années par une défense assez systématique des intérêts du pouvoir […] dans les enceintes de l’UE ou de l’ONU […]. La France se retrouve dans une position intenable en fonction de l’historique d’une relation qui, aux yeux de l’opposition, lui fait perdre sa crédibilité. » ?
Ce n’est pas moi. C’est l’ambassadeur Jean Marc Châtaignier. Non pas à propos de Madagascar.. Mais à propos du Togo. Troublante similitude des situations et des postures de la diplomatie française.
L’ambassadeur de France à Madagascar doit trouver la situation bien absurde qui le voit tomber strictement dans ces mêmes travers qu’il dénonçait il y a quelque temps. Ironie de l’histoire ? Tares natives de la diplomatie française en Afrique de ces dernières années ? Ou contraintes d’un système qui n’arrive pas à se définir et ne peut que condamner ses acteurs à l’ambiguïté ?
C’est la réponse à cette interrogation qu’il est intéressant d’envisager ici.
Il ne s’agit pas de revenir sur une évaluation des enjeux politiques, économiques, stratégique et géostratégiques de la France dans l’Océan Indien, évaluation développée dans « les implicites de la crise malgache de 2009». Il ne s’agit pas non plus de débattre de son implication ou non dans le coup d’Etat à l’origine de cette interminable crise qui laisse un pays exsangue, et voit se déliter le tissu social et les repères moraux de la société malgache. Il s’agit de porter un éclairage sur les postures de la diplomatie française à propos de la crise malgache actuelle, postures qui, soyons en sûrs, relèvent d’autres mécanismes que la simple sauvegarde des intérêts d’opérateurs économiques.
La politique africaine de la France fait régulièrement l’objet de critiques parfois véhémentes : immédiatement taxée de néo-colonialiste si elle intervient en Afrique, elle se voit à l’inverse reprocher une attitude d’abandon si elle n’intervient pas. La doctrine du « Non-ingérence mais Non-indifférence » s’est bâtie sur cette antinomie. Il est regrettable qu’une diplomatie se fonde, de fait, sur ce qui relève soit d’un constat d’impuissance, soit d’une énorme hypocrisie : « Faites comme si je n’étais pas là! … parce que je suis là pour certains mais il ne faut pas le dire aux autres »
C’est probablement en raison de cette ambiguïté, que son interventionnisme dissimulé a généré un phénomène de rejet violent tant de la part des zanak’idada, fervents fidèles du président exilé, que de la part des partisans et zélateurs du pouvoir de transition. La chancellerie française aura ainsi réussi le tour de force de faire d’une pierre deux coups … et de s’aliéner les deux parties.
Les contradictions de la politique française à Madagascar.
L’ambassadeur de France à Madagascar, droit dans ses bottes de diplomate ménageant la chèvre et le chou, déclarait formellement en interview « Nous avons toujours dit que le retour de Marc Ravalomanana était une question de souveraineté malgache. Une question tranchée très précisément et clairement par la Feuille de route. C’est aux autorités de la transition, stipulées par la feuille de route, de se prononcer sur ce sujet. Ce n’est pas notre rôle « d’étranger » de nous prononcer sur ce retour. Je tiens à préciser que la France n’a aucune animosité contre Marc Ravalomanana ».
Pourtant, illustré par son soutien vaille que vaille au TGV à la tête de la transition, la chancellerie française a fait preuve d’un activisme que plus personne ne conteste. L’opposition PS se réjouira certainement d’enfoncer cette épine dans le pied du président candidat français.
On peut ainsi lire dans Southern Africa Report qui éclaire l’influence de la France dans la gestion du retour avorté de Marc Ravalomanana le 21 janvier dernier :
A Madagascar, les efforts de la SADC sont actuellement mis à mal par la France, ancienne puissance coloniale de l’île. Les pays de la troïka ont la preuve que Rajoelina, le chef de Madagascar d’état-major général Ndriarijaona André, et le commandant de la gendarmerie nationale, Bruno Razafindrako, œuvrent de concert avec Paris pour refuser à Ravalomanana le droit de revenir au pays. Le 21 Janvier, le jour où Ravalomanana a tenté son donquichottesque retour, Rajoelina a tenté de persuader la SADC de retarder son arrivée de trois mois. Dans le même temps, la France engageait son propre lobbying intense auprès d’autres organismes internationaux pour tenir Ravalomanana éloigné du pays. L’enjeu de l’obtention de ce délai semble être d’éviter la présence de Ravalomanana – qui continue à drainer un important soutien populaire sur l’île – à Madagascar si une élection était tenue, au terme convenu l’année dernière de la transition.
Les services de sécurité de la région disent être au fait d’une stratégie en 6 points mise au point par Paris et Antananarivo pour empêcher le retour de Ravalomanana.
Une vision largement erronée des forces en présence
Ce scénario conclut une longue série d’initiatives fondées sur des analyses erronées à propos, en particulier, de l’audience de l’ancien président. Cette audience s’avère bien plus solide qu’ils l’imaginaient. Et, de manière obtuse, ils ont refusé de le reconnaître.
On lit dans un télégramme de l’ambassade US rapportant des échanges entre diplomates lors d’un déjeuner de travail en 2010 :
« L’ambassadeur français a catégoriquement rejeté l’idée que la FRANCE soutienne le TGV et semblait ignorer ou ne pas croire que cette vision puisse être développée ici. Sa Chef de Mission est apparue indignée lorsque l’ambassadeur US a demandé si oui ou non TGV pouvait démissionner. Elle a indiqué qu’il n’avait pas cette intention et a demandé pourquoi pouvait-on penser qu’il le devrait. (Réponse: pour pure et simple incompétence). Elle a réitéré sa conviction que TGV était le fruit d’un soulèvement populaire, tandis que l’Ambassadeur français faisait valoir que l’opposition n’avait pas la popularité ou la capacité à rallier les foules à sa cause.
Raté ! Les foules rassemblées le 19 février 2011 et le 21 Janvier 2012 à Ivato contredisent absolument cette thèse.
Il est possible que cette évaluation plus qu’approximative des réalités malgaches ait été à l’époque sincère… manipulée peut être… détachée des réalités du pays évidemment … donc sincère, pourquoi pas ? Mais ce serait là le reflet pour le moins d’une très grande naïveté ou d’une très grande légèreté dans l’analyse, et donc dans ce domaine de la diplomatie, d’une très grande incompétence.
Il reste qu’aujourd’hui, ces erreurs d’évaluation et de traitement de la crise ont mené la diplomatie française dans le mur, confrontée à une évolution de la situation qui lui fait craindre plus que tout un retour trop rapide de l’ancien président.
Pourquoi cette crainte de Ravalomanana
L’audience auprès des foules de Marc Ravalomanana a été évaluée successivement le 19 février 2011 puis le 21 Janvier 2010 lors de deux esquisses de retour au pays qui ont avorté sous le coup respectivement de deux Notam. Lors de la tentative du 21 Janvier 2012 ce sont au bas mot 100 000[1] personnes qui se sont déplacées ce jour là à l’aéroport pour le retour de l’ancien dirigeant. Ces 100 000 personnes mobilisées de manière spontanée, malgré les menaces de répression émises et le risque d’un affrontement avec les forces de l’ordre, reflètent un poids qu’il semble difficile de reconnaître à un quelconque autre homme politique malgache aujourd’hui.
On n’oubliera pas que le TGV avait réussi à faire tomber l’ancien régime. avec 10 fois moins de personnes dans la rue.
Un télégramme de l’ambassade US daté du 22 Février 2010 résume sommairement
« Les actuels chefs militaires (et le TGV lui-même) craignent un possible retour au pouvoir de Ravalomanana et la vengeance potentielle qu’il pourrait exercer à leur encontre. Les côtiers radicaux plus ou moins alignés sur TGV, y compris Marson Evariste, ont déclaré qu’ils préféraient subir des sanctions plutôt qu’un retour de Ravalomanana. Les Français sont également opposés au retour de Ravalomanana, craignant le chaos qui s’ensuivrait probablement d’une désintégration de la HAT en factions concurrentes. »
Le scénario catastrophe avait été évalué d’un retour en grâce de l’ancien président aux yeux des populations, dans le cas d’un pourrissement de la situation et d’une forte dégradation économique et sociale. Afin de couper l’herbe sous les pieds de Ravalomanana, il était de fait urgent d’aller le plus rapidement aux élections, de recouvrer une légitimité internationale, d’assurer la levée des sanctions et retrouver les financements internationaux pour éviter l’étranglement économique.
Ce schéma de riposte n’a pu se réaliser et ils n’ont pas pu empêcher le développement du scénario catastrophe qu’ils voulaient éviter : une remontée en grâce de l’ancien auprès des malgaches.
L’inquiétude de Paris au sujet du retour de Marc Ravalomanana est désormais : « Au vu les foules qu’il est capable de lever, on risque qu’il jette à son tour ses partisans sur les grilles des palais, en rendant la monnaie de sa pièce à son adversaire». Et dans le climat de tension actuel, il s’agit bien de se préoccuper du sort des ressortissants et entreprises français doublement pris en otages d’un coté par les possibles explosions de rancœurs des uns et, de l’autre coté, par les provocations/manipulations de factieux du pouvoir de transition.
On peut imaginer que ces diplomates se soient fait peur quand ils se sont projeté en surimpression les images d’Abidjan de Novembre 2004, puis celles des printemps arabes, pour terminer sur les foules d’Ivato du 19 février 2011 et du 21 Janvier 2012. Les similitudes sont « vite » établies.
La diplomatie française veut absolument éviter un fiasco de l’ampleur ivoirienne qui mettrait une fois de plus à mal sa crédibilité internationale et sa position déjà bien dégradée sur le continent Africain. Notre ambassadeur Châtaignier ne doit pas très bien dormir. [à suivre …]
[1]* Le 21 Janvier 2012 l’annonce de l’aarrivée de Marc Ravalomanana a drainé spontanément 100 000 personnes vers l’aérodrome d’Ivato. Les images et les récits rendent compte d’une circulation bouchée à Talatamaty, soit à 4 – 5 kms de l’aéroport. Pour 11m de largeur de chaussée on a une surface théorique de 44 000m² à 55 000 m². A 4 personnes au m² en haute affluence: on peut estimer la foule du 21 mai en fourchette basse à 44 000 personnes et en fourchette haute à 220 000 personnes. 100 000 personnes serait donc une estimation moyenne plausible. Ce chiffre est corroboré par ce que rapporte l’analyse du Southern Africa Report : le pouvoir et l’ambassade de France anticipaient eux même une foule d’une centaine de milliers de personnes.


antoniasway
15 février 2012
J’ai grandi dans ce panier de crabes où les hommes en costumes ont des courbettes et des sourires en guise de pinces…
Quand je serai grande, je ne serai pas diplomate comme papa !
J’attends la suite…
Rivohanitra
16 février 2012
Quand on lit les journaux internationaux, on parle de l’amplification de l’activisme de la France en Afrique depuis Sarko.
Une nouvelle stratégie géopolitique? Je n’en sais rien. J’ai lu que l’invasion coloniale avait comme but la recherche de débouchés, objectif totalement différent de « la mission civilisatrice » qui aujourd’hui pourrait être justifié par « l’inégalité des civilisations ».
L’OCDE est en crise depuis 2007, crise financière d’abord, crise de la sphère réelle ensuite, et les deux associés depuis 2009. Il y a peut-être des solutions à ne pas négliger en Afrique.
En tous cas, contrairement au fameux discours de Dakar, on voit à travers le cas de Madagascar une intervention directe de l’État français sur le continent.
On a vu le kidnapping de l’ancien Président de la côte d’Ivoire et sa séquestration par une puissance étrangère qui n’avait pas mis de masque.
Quand kadhafi avait été capturé, on se pose la question de l’intérêt de sa condamnation à mort immédiate.
Enfin, je pourrais encore citer d’autres interventions directes et récentes.
Pourquoi la France soutiendrait-elle plutôt TGV qu’un autre? Je n’en sais rien. Récemment j’ai appris que la France est en train de changer de cheval et Raymond Ranjeva aurait sa préférence. Pourquoi? Je n’en sais rien.
Donc pour votre analyse de la politique stratégique de la France, je suis d’accord avec vous.
Par contre, je voudrais vous demander un peu de rigueur dans votre démonstration.
Vous dites:
« ……tandis que l’Ambassadeur français faisait valoir que l’opposition n’avait pas la popularité ou la capacité à rallier les foules à sa cause.
Raté ! Les foules rassemblées le 19 février 2011 et le 21 Janvier 2012 à Ivato contredisent absolument cette thèse. »
On aurait peut-être pu opposer à ce Monsieur l’ argument de base de l’indépendance politique de Madagascar?
Vous choisissez de rentrer dans son jeu pour lui démontrer que Ravalo bénéficie d’un soutien populaire important en vous appuyant sur la mobilisation du 19 février 2011 et du 21 janvier 2012.
Vous savez pertinemment qu’on peut dénombrer une foule, mais qu’il est impossible sans une étude statistique solide d’en qualifier la composition. Un nombre important de badauds se déplacent à Tananarive pour le moindre évènement. C’est ainsi qu’au cours de l’émission « L’invité du Zoma », de vendredi dernier, le Professeur Miandrisoa (j’espère que j’ai respecté l’écriture de son nom), a précisé qu’il s’est déplacé lors de la venue de Ratsiraka et de celle de Ravalomanana sans avoir aucune sympathie ni pour le premier ni pour le second. (Ah! ah!). Ivato et ses alentours restent un lieu agréable de villégiature!
Il n’y a rien de plus difficile que les sondages politiques. Dans ce type de mobilisation populaire que ce soit pour Ratsiraka, Rajaonarivelo ou Ravalomanana, il y a toujours des mercenaires locaux qui permettent d’augmenter le nombre des fans. Donc, je vous demande de présenter d’autres arguments pour justifier de la popularité de Ravalomanana , de sa communion avec le peuple, et cela d’autant qu’un nombre important de ses lieutenantes ont depuis belle lurette changé leurs fusils d’épaule.
Mais Lalatiana est un grand fidèle de ce Monsieur, c’est vrai. Pourquoi? Je n’en sais rien.
Bien à vous,
Rivohanitra.
pitchboule
16 février 2012
Bonjour Rivohanitra,
J’apprécie vous lire en contradiction, parce que même si nous ne sommes pas d’accord je dois vous reconnaître un vrai engagement et de vraies valeurs.
Je répète encore une fois, parce que personne en dehors de mon cercle d’intimes n’a l’air de le croire : je ne suis pas un fan de Ra8. Ce n’est pas lui que je défend. Je défends par contre la voix de ses partisans. Ce n’est pas une nuance. Je reste scandalisé qu’on veuille les priver de la liberté de faire leur propre choix.
De fait, certains ne croient pas à l’affluence du 19 Fvrier et du 21 Janvier. Vous ne semblez pas y croire vous même. Mais pourquoi diable n’y êtes vous pas allée pour prendre le pouls de ce peuple que vous défendez?
Je le regrette profondément, je n’y étais pas.
Mais certains de mes proches, eux profondément attachés à Ra8, y étaient. Je les crois sincères dans leur engagement et dans les émotions qu’ils y vivent. Pardonnez moi d’accorder plus de foi à leur témoignage qu’à l’avis de ceux qui n’y étaient pas, qui ne voulaient pas y être..
Il reste que la sociologie des partisans de rA8 est un sujet extrêmement intéressant à développer. Je ne suis pas sur le terrain pour mener cette étude. Mais elle devrait s’avérer au plus haut point passionnante. Je soumets ce sujet à votre sagacité. Et serai ravi d’échanger en privé si ça vous intéresse. J’ai pour ma part certaines pistes de caractérisation.
Quant à mon opposition avec Chataignier, elle relève d’un échange que nous avions eu en direct en février 2010. Nous l’avons prolongé à travers des éditoriaux et des lettres ouvertes. L’ingérence est insoutenable. Elle est d’autnt plus insupportable quant elle se fonde sur d’hallucinantes erreurs d’analyse.
Vous avez raison. J’aurais pu me révolter ouvertement de cette ingérence dans mon texte. Mais ça n’apporte rien puique de toutes façons la répoise est « Non ingérence » … Par contre leur pointer et leur prouver « non seulement vous vous melez de ce qui ne vous regarde pas mais en plus vous ne faites que des conneries » est à mon avis plus efficace.
Bien à vous
Rivohanitra
16 février 2012
Vous me dites que vous n’êtes pas un fan de RA8, je suis prête à vous croire. Vous n’avez à mon avis aucune raison de me mentir là dessus. Par contre, et c’est là que vient aussi la nuance, je pense que vos amis ou parents vous influencent beaucoup. Certaines personnes sur MT défendent Rajoelina en toute circonstance.
Je suis un peu contrariée car vous faites erreur. Je ne discute pas du tout du nombre de personnes qui se sont mobilisées le 21 janvier. Je ne fais aucune analyse sur cet élément, je peux admettre tous les chiffres qu’on me propose. Même en émettant l’hypothèse de ma présence à Ivato ce jour J, je ne pourrais à mon niveau, c’est à dire celui d’un individu non spécialiste du dénombrement d’une foule, faire ou opposer un comptage là dessus. Je ne sais même pas comment la police et les syndicalistes font en France pour comptabiliser et ensuite différer totalement pour le dénombrement des personnes qui participent à une manifestation.
Par contre:
Je dis juste qu’il faut faire attention à la méthode utilisée pour interpréter la motivation de cette foule. De même, Lalatiana, on sait très bien que le témoignage ne peut constituer une base d’analyse statistique exploitable que sur la base d’un échantillon fiable représentatif d’une population. Il y a plusieurs méthodes scientifiques applicables pour cela mais qui coûtent très cher sauf lorsqu’il est possible de constituer une base de données sur un fichier informatique.
C’est uniquement sur votre méthode que je ne suis pas d’accord. après quand il faut se référer à des convictions, il n’y a plus de débat.
Pour l’ingérence de la France sur les affaires intérieures de Madagascar que nous dénonçons, il y a Hannibal sur le site MT qui nous dit qu’on doit prendre cet élément comme une donnée et que c’est à nous de nous positionner. Hannibal a sûrement raison? Mais quand les rapports de forces ne sont pas égales cela constitue une agression du plus faible par le plus fort. On est par ailleurs, à mon humble avis en présence d’un rapport historiquement constitué.
A bientôt Lalatiana!
solofoniaina
16 février 2012
Merci beaucoup Pitchboule.
C’est le genre de lettre que tous les malgaches devraient lire pour savoir nous situer par rapport au contexte actuel.
Le problème, c’est que la plupart des malgaches ne sont pas au courant de ce qui se trame réellement. On ne connaît pas qu’il y a une puissance étrangère qui tire bien la ficelle par derrière et souffle le chaud et le froid. Cette puissance étrangère tire un malin plaisir à POURSUIVRE TOUJOURS SA POLITIQUE DE DIVISER POUR REGNER.
Dommage que notre seuil de prise de conscience nationale à ce sujet reste toujours très faible.
Mais je vous encourage toujours à poursuivre votre engagement dans l’information des gens et je souhaite que cela puisse un jour avoir une très large diffusion.
Rivohanitra
16 février 2012
« Il reste que la sociologie des partisans de rA8 est un sujet extrêmement intéressant à développer. Je ne suis pas sur le terrain pour mener cette étude. Mais elle devrait s’avérer au plus haut point passionnante. Je soumets ce sujet à votre sagacité »
C’est un sujet fort intéressant, mais je me penche sur un autre sujet que je vous confierai hors site quand je vais arriver à mettre un minimum de choses au point.
Je reprochais aux chasseurs d’écrire l’histoire de Madagascar, je me suis dite qu’une petite lionne comme moi devrait au lieu de toujours critiquer me mettre au boulot…
Tsetratsetra tsy aritra.
Rivohanitra.
pitchboule
19 février 2012
J’aime bien l’idée de la petite lionne face aux chasseurs …
Bon courage sur votre étude. Si vous voulez échanger, je serai ravi de vous apporter mon humble regard …
Et j’aimerai échanger avec vous sur un sujet qui me passionne : » l’identité nationale, le sentiment national, la fierté nationale, la nation malgache »
Rivohanitra
21 février 2012
Bonsoir Lalatiana,
Il faut d’abord que je me cultive un peu sur ces notions » l’identité nationale, le sentiment national, la fierté nationale, la nation malgache” pour pouvoir débattre.
hors internet pour que je vous dise ma vérité Ah! Ah!
Veloma
solofoniaina
17 février 2012
J’aimerai trouver une réponse à une question que je pose souvent « SUR LES ROLES DES ELITES MALGACHES POUR CE PAYS « .
Quels auraient pu être leurs vrais engagements et à quoi ils ont failli ?
Je vois que dans chaque écrit chaque intellectuel se pose toujours en donneur de leçon sans pour autant être des vraies solutions réelles dans tous les problèmes ponctuels ou temporels.
Madagascar regorge de diplômés, d’intellectuels. Et dans chaque famille malgache, le fait d’avoir un enfant en France, aux Etats-Unis etc … constitue une vraie carte de visite pour se faire valoir ou pour faire croire.
N’en déplaise, mais nous malgaches, nous sommes dans une sorte de crise d’identité car nous refoulons à travers La France ce que nous sommes en réalité. Connaissons-nous nous mêmes avant tout pour être en paix avec nous-mêmes. ON NE CRITIQUE PAS LE TOIT DU VOISIN QUAND SON SEUIL EST MALPROPRE (Proverbe chinois).
J’ai remarqué aussi que la plupart des gens qui écrivent dans tous les blogs de Lalatiana réflètent réellement cette vision « OUI MAIS ». OUI par ce que la réalité à Madagascar nous le force à dire NON car on n’ose pas afficher ses propres tendances NON car on n’a pas les moyens d’agir à part les écritures.
On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.
Lalatiana, au moins, a osé, à ses risques et perils, manifesté. Il a osé s’engager !
Dans nos habitudes et dans nos façons d’agir, dans nos allocutions, nous avons beaucoup emprunté dans les vocabulaires de Molière, c’est pour dire que nous sommes francophones que nous le voulions ou pas. Mais qu’est ce que nous avons réellement assimilé ? La culture française ? La culture Malgache (et quelle culture malgache ?)
Quelque part en nous-mêmes, nous avons adopté beaucoup de ce qui est FRANCAIS.
Où en sommes-nous alors en ce moment ? Que voulons-nous en réalité ? Sommes-nous capables de nous situer et de définir ce que nous sommes ? Quelle partie de notre histoire devrait-on réécrire sans pour autant la souiller ou la salir ? Et qui pourrait assurer qu’elle saura décrire les réalités avec l’innocence des enfants ?
La plupart des autres ressortissants n’ont pas besoin du culte de diplômes mais ils réussissent dans leurs entreprises. A quoi cela est-il dû ?
Au plaisir de vous relire.