Les docs de Ragidro : Madagascar, l’écume des maux (par Olivier Vallee)

Posted on 15 avril 2023

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15//04/2023


Ci joint, en fichier lié, ce très bon papier (à son habitude) de Olivier Vallée, chercheur, économiste et politiste, spécialiste de l’Afrique et de Madagascar qui pose dans la revue le Grand Continent une analyse critique de la situation du pays (12 minutes de lecture).

Madagascar, l’écume des maux

Titres

  • Les changements sécuritaires
  • Vanille amère
  • L’impossible régulation du riz
  • Un système bloqué
  • Le cyclone anonyme
  • L’impasse des institutions de Bretton Woods
  • L’étalon de l’extractivisme

Extraits

« Depuis le début de l’année 2023, une vague de mécontentements emporte l’île, que ce soit vis-à-vis du processus électoral, de la hausse des prix alimentaires ou de la réglementation arbitraire de la vanille, alors que ce secteur est supposé être libéralisé. »

« L’exploitation des petits cultivateurs n’est pas le seul problème de la vanille, encadrée artificiellement par l’administration ; la précieuse gousse est l’une des sources majeures de devises de l’État malgache, en quasi-cessation de paiement au premier trimestre 2023. »

« À la différences des autres pays africains, l’appauvrissement de la population malgache semble irréversible. »

« Les partenaires techniques et financiers ont inlassablement soutenu le même programme, qui tendait à détruire la paysannerie traditionnelle et à instaurer une agriculture capitaliste jugée performante ; mais ils ont accentué le dualisme de l’économie malgache. »

« L’or, valeur monétaire s’il en est, illustre le détournement des revenus de l’extraction et l’internationalisation de l’économie malgache. En 2020, une différence énorme entre les données officielles et les quantités réelles d’or sorties du territoire malgache a été constatée. Ainsi, les statistiques mondiales affichent 20 tonnes d’or exportées, contre seulement 2 tonnes d’or déclarées sur le territoire malgache[…] Ces déperditions de recettes provenant de l’or de l’État se chiffrent en centaines de millions de dollars, et se répètent dans de nombreux autres pans de l’activité minière et extractiviste — le rubis, bien sûr, mais aussi la pêche. »

« Sans en être la vitrine rutilante, Madagascar appartient à ce que Mike Davis a nommé le stade Dubaï du capitalisme. Comme dans la capitale des Émirats Arabes Unis, on y trouve mêlés le luxe, le raffinement des lotissements-forteresses et les bidonvilles — dans la capitale malgache, ils ont proliféré en l’espace de dix ans »..

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