Zama 2026 : le rideau est tombé… Merci … Et encore merci…

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Le rideau est tombé. Les lampions de la fête se sont éteints sur les rives de la Seine, et l’Espace Bernanos a retrouvé le calme feutré des voûtes de l’église Saint-Louis-d’Antin. Mais l’enthousiasme du public et la puissance des idées échangées vibrent encore. Cette édition de Zama n’était pas une simple rencontre : elle marquait nos dix ans d’existence, une décennie d’engagement au service de la diaspora et de notre Grande Île.

L’heure est aujourd’hui à la gratitude. En tant que fondateur et vice-président de cette plateforme, je ressens une immense fierté. Le public, venu en nombre, a salué unanimement la qualité et la fluidité de ce cru exceptionnel. Zama 2026 restera, je le crois, comme le sommet d’une maturité partagée.

Un prologue cinématographique éblouissant

On a commencé par un habituel pari devenu coup de maître : notre mini-festival de cinéma. Conçu pour révéler la vitalité de la création cinématographique malagasy, le grand écran de l’auditorium Bernanos s’est fait miroir de nos paradoxes et de nos sentiments. Merci infiniment à Franco Clerc pour son long métrage Mandrakizay Doria, Merci à Joël Rakotovelo, Lala Ernoult et Randiane Naly, réalisateurs, réalisatrices — et actrices — des courts-métrages projetés. Ils ont offert au public des instants de pure émotion… Et prouvé que le septième art est un levier essentiel pour raconter Madagascar et ses talents au monde.

La hauteur de vue de nos tables rondes : un héritage à publier

Sur une scène enrichie des œuvres picturales de l’artiste Tara Shakti, et rythmé par l’animation en live sketching de Idah Razafindrakoto, le cœur intellectuel de Zama a battu au rythme de conférences et de tables rondes d’une tenue rare. Réunissant des panélistes de haut niveau — universitaires, chercheurs, stratèges, entrepreneurs, acteurs de la société civile et représentants institutionnels —, ces sessions ont dépassé les constats habituels pour dessiner des perspectives concrètes : du rôle pivot de l’intelligence artificielle à la création d’un fonds souverain pour sanctuariser notre capital naturel, en passant par la caractérisation de nos modèles de développement…

La restitution des enquêtes IRD Tady (Aingo, Ako et Taratra) a offert une lecture exhaustive et réellement novatrice de la diaspora et du regard des Malgaches sur elle… De quoi nourrir des débats fondamentaux mais aussi caractériser et plaidoyer les projets les plus significatifs de et pour la diaspora.

La richesse de ces échanges ne peut s’éteindre avec la fin du festival. Ces réflexions feront l’objet – c’est désormais une décision – de la publication d’un recueil d’actes qui servira de boîte à outils et de boussole à ceux qui veulent transformer les richesses écologiques, techniques et culturelles de Madagascar en véritable puissance de développement.

Du concept à l’action : le succès du Job Dating

Zama a toujours eu pour vocation de transformer les idées en actes. Cette année, on en a fait la symbiose lors de la séquence dédiée à l’emploi. Dans le prolongement de la table ronde « Jeunesses, repatriation et emploi », Zama est passé à la pratique.

Sous l’égide du JPM (Jeune Patronat de Madagascar), l’opération de Job Dating a dépassé toutes nos attentes. Des entreprises majeures de la Grande Île ont rencontré des candidats qualifiés de la diaspora, impatients de mettre leurs compétences au service du pays ou de concrétiser leur projet de retour. Voir ces synergies se nouer en direct, observer ces poignées de main capables de sceller des avenirs professionnels sur la terre de nos ancêtres, fut l’un des grands bonheurs de ce week-end.

Un voyage didactique à travers « 1300 ans d’histoire économique »

Comprendre notre présent pour mieux inventer notre avenir : tel était le fil d’Ariane de la très belle exposition « 1300 ans d’histoire économique de Madagascar », enrichie de la conférence de Thierry Rajaona, fondateur de FTHM et producteur de l’exposition.

Un parcours rigoureusement documenté a donné à mesurer la profondeur des structures économiques qui ont façonné la Grande Île bien avant la colonisation. Cette plongée dans les racines de notre résilience économique a rappelé que notre pays s’inscrit de longue date dans la mondialisation et les grands carrefours maritimes. Un grand merci aux concepteurs de cette œuvre majeure, qui a suscité l’admiration du public.

Une nuit magique sur la Seine : le gala de toutes les splendeurs

Et puis il y eut, pour ce dixième anniversaire, un moment de grâce absolue. La soirée de gala, à bord d’une péniche, a offert aux convives une parenthèse enchantée. Portée par la douceur exceptionnelle d’une nuit d’été, cette croisière sur la Seine a été un chef-d’œuvre visuel.

Voir les monuments de Paris s’illuminer au fil de l’eau a créé une atmosphère d’une élégance rare… Spectacle son et lumière conçu pour l’occasion… Communion intense, où la magnificence de Paris saluait la fierté et la joie de la communauté malagasy et de ses amis.

Un supplément d’âme : l’Espace Bernanos

La solennité de nos échanges a trouvé son écrin au sein de l’Espace Bernanos. Adossé à l’église Saint-Louis-d’Antin, ce lieu empreint d’histoire et de spiritualité a certainement conféré à nos conférences une solennité et une atmosphère de sérénité et de respect mutuel. Échanger sur le bien commun et l’avenir des générations dans un tel cadre a rappelé à chacun la gravité et la noblesse de notre démarche. Merci à la direction de l’espace pour sa confiance et ses infrastructures.

Les artisans de l’ombre : bénévoles et techniciens de talent

Enfin, un festival de cette envergure est une machinerie complexe ; son succès repose sur les épaules de ceux que l’on ne voit pas assez, mais sans qui rien n’aurait été possible.

Je veux de manière essentielle rendre hommage à notre équipe de bénévoles… À Olivier, notre président en titre, d’une disponibilité, d’un engagement et d’une générosité qui n’ont d’égal que son pragmatisme et son efficacité logistique. À Sophie et à sa vigilance juridique qui ne l’a pas empêchée de monter ce très beau festival de cinéma. À Hery et Hanta, dont la constance a été fondamentale pour tenir le long terme. À Rado, fournisseur d’idées, chasseur de sponsors, maître des négociations. À Setry, animateur d’exception, essentiel dans la modération des débats et, avec Marie-Jo, dans l’animation de l’événement. À Chantal, fidèle secrétaire qui a assuré la liaison avec les intervenants et panélistes. À Isabelle, à l’ineffable gentillesse, sur la décoration et l’accueil. À Nathanaëlle, cheville maîtresse de la communication (mais pas que…), qui n’a pas « bridé sa créativité » et s’est révélée extrêmement précieuse, toujours prête à affronter les problèmes pour y apporter des solutions. À Gégé, venu depuis Nice, pilier numérique qui a piloté d’une main de maître les outils informatiques de la régie. À Naly, monté depuis Lyon, pour sa chaleureuse gestion de l’accueil. À Hervé, aux côtés de Sophie sur le cinéma, resté présent malgré le report du festival de chant Bel Kanto. À Alexandre, pour son soutien à la communication. A Iankina arrivé depuis La Réunion et qui a piloté avec vigilance les bénévoles en support qu’il ne faut pas oublier :  Randy, Mino, Mbola, Laetitia, Toky, Vero, Valérie, Ginnie Arielle…

Et Merci à ma talentueuse amie peintre Tara Shakti qui nous a permis d’exposer ses toiles sur la scène et à coté de la fresque historique, toiles qui ont ébloui nos regards et offert un espace suspendu de pure beauté.

À tous ceux-là, chevilles ouvrières et visage chaleureux de Zama durant ces trois jours de rush intensif : merci, du fond du cœur. Leur dévouement prouve, s’il en était besoin, que « solidarité » peut ne pas être un vain mot.

À cette force humaine s’est alliée une logistique technique d’une efficacité redoutable. Malgré les défis d’un format hybride connectant des intervenants aux quatre coins du monde, la régie a magistralement tenu le cap. Un immense merci à Ronan, notre régisseur en chef, et à son assistante Claire : leur expertise, leur réactivité face aux aléas de dernière minute, mais surtout leur indéfectible bonne humeur ont été le filet de sécurité invisible de chaque instant.

Cap sur les dix prochaines années

Et un immense merci à notre public… A ceux qui nous suivent depuis 10 ans et qui n’hésitent pas à venir de leurs lointaines provinces … Mais aussi à ceux qui nous rejoignent …

Merci ainsi à Ady Fototra, mouvement citoyen engagé qui veut insuffler une dynamique essentielle pour repenser la gouvernance en replaçant les valeurs fondamentales et la souveraineté au cœur du sursaut national… Leur intervention impromptue a inspiré le public.

Ce sont tous ceux-là qui nous donnent la force et l’envie de continuer et d’aller plus loin.

En soufflant ces dix bougies, nous avons prouvé que Zama n’était plus seulement un événement annuel, mais une institution, un laboratoire d’idées, un accélérateur. La satisfaction que vous nous avez témoignée nous honore…  et nous oblige. Merci encore au public, merci aux partenaires, merci à Madagascar de nous inspirer chaque jour.

Les bases sont consolidées, les passerelles sont jetées. Nous avons ensemble un avenir à construire….

Bien à vous tous

Patrick Rakotomalala – 08/07/26

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